Ces petites bêtes…

Je monte à ce petit coin qui me sert de bureau. Coincé entre le conduit de la cheminée et la pente du toit, je place mes ordinateurs côte-côte. L’un me sert à pouvoir communiquer avec mes collègues si jamais j’ai un problème de connexion. Le deuxième me sert à me connecter à mon bureau.

La liaison est lancée, je peux commencer à travailler. Rien à dire. La journée se déroule tranquillement.

Pendant que je déroule mes tests, je dépile mes mails. L’atelier est bien productif en ce moment. Après m’avoir transporté sur différentes destinations, la dernière fait ressortir toutes sortes de peur.

Tiens, un petit creux. je descends me chercher à manger. Lorsque je reviens, elle se pose là, sur le clavier de mon ordinateur. Mince, mon MSN clignote. Il va falloir que je réponde, mais elle est là, avec ses grandes ailes, son grand corps étroit, sa tête en forme de goutte. Non, je n’ai pas peur, je ne l’aime pas quand elle est sous mon nez. Ailleurs, ça peut aller, mais pas trop près. Quant à l’assommer… Et si je la rate, si elle se venge, qu’elle me pique… Décidément, je ne l’aime pas du tout. C’est comme ses congénères. Ils sont plus gros, mais toujours avec les mêmes rayures. Certains sont même blancs au bout de ce corps énorme. Mais lesquels sont les plus dangereux, je ne saurais le dire. Surtout, si je l’assomme, ne pas me tromper. Sinon, c’est sûr, elle va m’attaquer.

Dis ! Ne veux-tu pas partir ? S’il te plait ? Je ne te veux aucun mal, c’est juste que je ne t’aime pas. Non, pas ma tasse… Ouf, sauvée. Bon, où te caches-tu ? Puis-je répondre sans crainte.

Non ! Elle est derrière. Un frisson me parcourt. Comment faire ? Aller, madame, s’il vous plait, laissez-moi travailler. Venez sur mon magazine, je vous aiderai à trouver la sortie. Non. Regardez, j’ouvre la fenêtre.

Elle s’envole maintenant. Pas trop près s’il vous plait. Elle se pose ? Où est-elle ? Ma serviette. Prenons-la délicatement, Elle ne s’envole pas. Ca y est, la serviette est dehors, un petit coup. Ouiiiiii !!!! Elle s’en va. Vite, je referme la fenêtre. Je peux me réinstaller à ma place et répondre à mon collègue. Brrr !!!!! J’en ai encore des frissons dans le dos. Tiens, cela me fait penser à hier, lorsque je donnais à manger à la Grenouille. Il y avait un de ses congénères près du rosier. J’ai prié intérieurement pour qu’il ne vienne pas jusqu’à nous. Ouf ! Mon vœu a été exaucé. Tiens, des mails d’Ailleurs … C’est vrai que la destination est la peur… Ne serais-je pas à la limite de la phobie avec tous ces petits insectes, qu’ils aient huit pattes, ou moins, qu’ils aient des ailes ou non, qu’ils soient jaunes et noires et d’une seule couleur. Tous ne me font pas peur, mais certains, je ne les aime pas. Mes collègues se moquent bien de moi quand une de ces grosses bêtes à huit pattes trainent sur le faux plafond et que je monte sur une chaise pour les aspirer. Dégout, aversion, mais pas vraiment peur. Voilà les sentiments qui me caractérisent quand je les vois. Mais pourquoi elles ? Pourtant quand je vois cette adorable carapace rouge à point noir, je ne tremble pas. Pas besoin d’un journal pour la prendre. Pourquoi ces sentiments négatifs pour d’autres ? Vais-je transmettre ces sentiments à notre Grenouille ? Pour le moment, elle s’en moque, elle ne les connait pas. Mais plus tard…

Ecrit le 18 avril 2011 dans le cadre de la Destination 153 : Peur sur Ailleurs de l'Atelier Ailleurs.

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