Mon chemin d’écriture

La semaine dernière je publiais la traduction d’un billet de Melissa Donovan sur les avantages de tenir un journal. Cette semaine, j’ai envie de partager avec vous le chemin qui m’a amené à l’écriture. Vous verrez qu’il répond aux questions que Melissa Donovan pose à la fin de son article.

Ai-je déjà tenu un journal ?

Je ne saurais dire quand j’ai commencé à tenir un journal, mais je me revois adolescente en train d’en tenir un. Je me revois aussi utiliser l’ordinateur familiale pour tenir un journal via un traitement de texte. Journal qui était sur une disquette. Contrairement à ces écrivains qui nous racontent qu’ils ont commencé à écrire leurs histoires dès l’âge de 6 ans et qu’ils ont toujours voulu écrire, je tenais mon journal comme la plupart des adolescentes. J’aimais plus l’acte d’écrire (dans un cahier/carnet, sur une machine à écrire, un clavier d’ordinateur) que l’écriture elle-même.

Ce que sont devenues ces pages et cette disquette reste un mystère. Elles ont dû se perdre dans mes nombreux déménagements. Ce qui est dommage car il aurait été intéressant, pour moi, de voir quelles étaient mes pensées à l’époque. Les journaux les plus récents que j’ai remontent à il y a une bonne douzaine d’années. A l’époque, je traversais une période difficile. L’écriture était alors pour moi une catharsis.

En gardé-je un maintenant ?

Aujourd’hui, je continue à écrire dans mon journal, mais je passe de plus en plus sur un support informatique. Lorsque je ressens le besoin d’écrire mes pensées sur un support papier, je me tourne vers mon journal. Pour le reste, je le fais souvent directement sur mon projet Scrivener dédié à cela.

Quel est l’impact de la rédaction d’un journal sur mon écriture ou même dans ma vie ?

Il y a une bonne douzaine d’année, j’ai traversé une période difficile. Sortie d’études, chômage, beaucoup d’incertitudes sur l’avenir et l’impression de ne pas être comprise par ma famille, par les personnes qui comptaient pour moi. Après avoir claqué la porte, j’ai eu besoin de sortir toute cette noirceur que j’avais en moi. J’avais besoin d’exprimer mon mal être. Je suis allée voir des professionnels, mais aucun ne pouvait m’apporter l’aide concrète dont j’avais besoin et je n’avais pas les moyens de payer pour cela.

J’ai toujours aimé les carnets, les journaux intimes. En particulier lorsqu’ils sont colorés, dessinés, qu’ils portent des messages qui font sens pour moi. Si je m’écoutais, mon budget papeterie serait beaucoup plus important qu’actuellement et je croulerais sous les carnets/cahiers non utilisés. J’en avais un prêt à l’emploi chez moi. Et il m’a beaucoup servi. J’ai commencé alors à écrire dedans. A y retranscrire mes émotions, ce que je faisais de ma journée. Bref à y mettre tout ce qu’on peut mettre dans un journal intime.

Ma vie s’est améliorée. Je me sentais mieux, mais je continuais à écrire mes pensées. Puis j’ai eu envie d’améliorer mon niveau de français. A l’époque je faisais régulièrement des erreurs. Je devais faire une faute à chaque phrase. Je portais en moi la croyance que de toute façon j’étais nulle en français. Mon niveau de français n’était pas si mauvais que ça, mais je gardais en moi les mauvaises notes que j’avais eu en français, les remarques désobligeantes des enseignants.

Quand j’étais au collège, le souvenir que j’ai de mes enseignants est d’avoir eu des personnes qui ne cherchaient pas à nous faire progresser, mais qui nous délivraient leur savoir et si nous ne comprenions pas, c’était parce que nous n’avions pas les capacités pour comprendre. Je caricature, mais l’idée est là.

Bref, je suis arrivée à une période de ma vie où j’ai eu envie de m’améliorer. Or, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. (Je préfère presque la version anglais qui est plus parlante : Practice makes perfect). Dès lors, lorsque j’écrivais dans mon journal intime, je faisais attention à ce que j’écrivais. Mais il est rapidement devenu limitant. J’ai eu envie d’explorer d’autres chemins. J’ai alors cherché des pistes, des invitations à l’écriture, des thèmes d’ateliers. J’en ai trouvé et j’ai commencé à écrire de courtes histoires. Et j’ai aussi accepté les critiques, les remarques qu’on me faisait. Et au-delà de ça, je me suis interrogée sur chaque remarque. Quand j’avais un doute, je vérifiais.

A mon journal s’est ajouté un nouveau carnet. Un carnet qui regroupait toutes mes idées. Celles que j’avais pour mes différents écrits.

Lors de mon dernier déménagement, j’ai également ouvert un blog pour tenir la famille et les amis informés de ce que nous devenions. Petit à petit, j’ai laissé ce blog à l’abandon. Mais j’en ai ouvert un autre en anglais. Parce que je voulais améliorer mon anglais. Même si je peux écrire des choses personnelles sur mes blogs (ici ou ailleurs), ce n’est pas la même chose que ce que je pourrais écrire dans un journal intime. Ici, je peux être lu par des personnes. Mon journal est censé être pour moi. Mes pensées sont beaucoup plus brutes dans mon journal que sur un blog, quel qu’il soit.

Comment j’envisage de tenir un journal par la suite ?

Comme je l’ai mentionné plus haut, j’ai un projet Scrivener qui me sert de journal. J’y met mes pensées intimes, ce que je peux faire dans ma journée, mes axes de progression. Sa destinée première n’est pas d’être lu par une tierce personne, elle est de me permettre de donner forme à mes idées. Comme pour le journal physique, ce projet est aussi là pour contenir mes pensées brutes, m’offrir un défouloir quand j’en ai besoin. Avec l’objectif aussi de pouvoir piocher dedans pour mes autres projets, selon mes besoins.

M’accompagnant un peu partout, j’ai un carnet (en fait deux, mais je vais surement les regrouper). Là-dedans, j’y ai des notes de ce que je peux faire dans ma journée, des idées qui me viennent. Mon deuxième carnet est un Bullet Journal et je vais probablement mixer les deux pour avoir un journal reflétant mon organisation journalière et les premières idées qui me viennent. Ces idées prendront leur forme définitive dans le projet qui leur sera consacré.

De la tenue d’un journal à l’écriture

Tenir mon journal m’a amené petit à petit à l’écriture et à l’ouverture de ce blog où je partage avec vous, depuis un an, mes traductions, mes lectures et mes écrits.

Si au collège ou au lycée on m’avait dit qu’un jour moi aussi j’écrirais mes propres textes, je n’y aurais pas cru. J’ai toujours admiré les personnes qui étaient capables de créer quelque chose, que ce soit de l’art ou de la technologie. J’aime ce processus de création. Et aujourd’hui, l’écriture est le moyen que j’ai trouvé pour explorer ce monde de la création, pour ne plus être une simple spectatrice.

Quelle est votre rapport à l’écriture ? Tenez-vous un journal ? Faites-vous partie de ces écrivains qui écrivent depuis toujours ou êtes-vous plus comme moi ?
Vous êtes libre de partager votre chemin d’écriture dans les commentaires.

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