Les aventures de Loup

Amoka avait reçu, il y a peu, un loup en peluche avec deux histoires du dit Loup. Depuis son arrivée dans la famille, Loup ne quittait pas souvent Amoka. Elle avait une attirance particulière pour lui.
C’est ainsi qu’il nous accompagna pour une randonnée. Loup devait absolument être de la partie. Lui aussi devait se dégourdir les jambes, nous disait Amoka en l’agrippant fermement.
Du haut de ses deux ans, Amoka ne pouvait tenir le rythme d’une randonnée, aussi la faisait-elle dans son porte-bébé. Sur la fin de la randonnée, la fatigue aidant et avec le balancement lénifiant du porte-bébé, Amoka s’endormit, Loup serré tout contre elle.
Nous avions réussi à changer de porteur sans la réveiller. Un peu plus tard, nous entendîmes la petite voix d’Amoka nous disant : « Loup est pa’tit, Loup ». « Où Loup, maman ? ». Nous nous regardions interloqué, puis nous avons regardé partout. Pas de trace de Loup. Notre première réaction a été de revenir en arrière, mais la fatigue et la fin de la journée nous décidâmes à revenir le chercher avec la voiture. D’autant que nous avions parcouru un assez long chemin depuis le changement de porteur et nous étions sûr que Loup était encore là, à ce moment. Amoka avait dû le lâcher en se réveillant à moitié et nous n’y avions pas fait attention.

« On va revenir le chercher, ma chérie » lui disions-nous.
Nous nous pressâmes de retrouver la voiture, puis nous nous dirigeâmes vers l’endroit où nous avions constaté la disparition de Loup. Nous avons parcouru plusieurs fois, à pied et en voiture, le chemin réalisé entre le changement de porteur et la constatation de la disparition de Loup, mais sans succès.
Comme il se faisait tard et que nous devions rentrer, nous avons renoncé et dit à notre Amoka : « Ne t’inquiète pas mon bébé, Loup est surement sur le chemin du retour. On le retrouvera ».
C’est ainsi que nous rentrâmes sans Loup.

Dans les jours qui suivirent, Amoka me posa régulièrement cette question : « Où Loup Maman ? ». A laquelle je répondais invariablement : « Il est sur le chemin du retour mon ange ».
Il fallait que je retrouve Loup.

Après quelques recherches infructueuses de peluches en forme de loup, je fis des recherches sur les livres accompagnant Loup lors de son arrivée. Impossible de récupérer Loup sans les livres. Et que faire de deux livres en double ?
Heureusement, un coffret devait sortir quinze jours plus tard avec au moins une histoire que nous n’avions pas. Je m’en contenterai. Pour le moment, pas moyen d’avoir Loup sans les livres.

Suite à cela, quand Amoka me demandait des nouvelles de Loups, je lui répondais :
« J’ai eu des nouvelles de sa maman, il est chez elle et en profite pour passer des vacances. »
« Il est chez sa maman. »
« Il est en vacances. »
« Il est en vacances chez sa maman. Il va bientôt revenir »

Puis le coffret est sorti. Alors je répondais à Amoka :
« Il doit revenir bientôt, il faut que je regarde quand il arrive »
Et là, elle me répondait :
« Vais chercher Loup à la gare »
A quoi, je répondais :
« Maman ira le chercher à la gare. Il faut que je regarde quand il arrive ».

Le jour où je devais aller chercher Loup, je dis à ma fille :
« Maman va chercher Loup à la gare ce midi. Tu le retrouveras ce soir. »
C’est ainsi que je posais ma fille chez sa nounou en lui assurant de revenir avec Loup.

Le midi, j’allais chercher un loup tout neuf, avec un recueil de ses histoires. Une était nouvelle pour nous. J’avais décidé de donner les doublons. Seul hic, j’avais laissé un loup nu et je récupérais un loup habillé. Heureusement, je pouvais le dévêtir facilement. Je les lui ôtais et je trouverais bien quelque chose à Noël pour expliquer la présence de vêtements pour Loup au pied du sapin.

Le soir, Loup alla dans le siège d’Amoka en attendant que je la récupère. En la récupérant, je lui dis « Devine qui t’attend dans la voiture ? » En montant à sa place, elle le vit et s’exclama : « Loup », tout en le prenant et en le serrant tout contre elle.
Le soir même, Loup l’accompagna dans son sommeil où il lui raconta ses aventures.

Ecrit le 29 octobre 2012 dans le cadre de la Destination 181 : Quatre mensonges et une vérité de l'Atelier Ailleurs.

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